
62 % des DSI considèrent le sujet de la souveraineté numérique comme prioritaire, selon le rapport du Cigref publié en février 2025, une hausse significative par rapport aux années précédentes. Cette prise de conscience s’explique par un contexte géopolitique de plus en plus fragmenté, marqué par la domination des acteurs extra-européens, les risques croissants liés aux lois extraterritoriales et les attentes réglementaires qui imposent une maîtrise accrue des données et des infrastructures.
Face à ces défis, comment les organisations peuvent-elles concilier performance, sécurité et indépendance technologique ? Chez IMS Networks, nous accompagnons depuis plus de 10 ans les entreprises et les acteurs publics dans la construction d’une résilience numérique souveraine. Cet article vise à vous éclairer sur les leviers d’action concrets pour réduire vos dépendances et sécuriser vos infrastructures.
Pourquoi la souveraineté numérique est-elle devenue un impératif ?
Un contexte géopolitique et technologique en tension
La fragmentation de l’espace numérique s’accélère, exacerbée par les rivalités entre les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Europe. Dans ce contexte, les cyberattaques – qu’il s’agisse de ransomwares ou d’attaques DDoS – exploitent les vulnérabilités des infrastructures critiques.
L’exemple de La Poste fin 2025 illustre cette menace : une attaque DDoS ciblant les API et l’infrastructure web a provoqué des perturbations majeures, rendant certains services en ligne inaccessibles. Cet incident a été revendiqué par le groupe pro-russe NoName057(16). Ce type d’attaque s’inscrit souvent dans une stratégie de guerre hybride ou de cyberpression, où des acteurs étatiques ou affiliés cherchent à déstabiliser des services essentiels.
Ces attaques rappellent l’urgence pour les organisations européennes de maîtriser leurs infrastructures numériques face à une menace croissante.
Les risques liés à la dépendance technologique
Les risques liés à la dépendance technologique sont multiples et documentés. Selon une étude du Cigref en 2025, 80 % des dépenses liées aux logiciels et services de cloud en Europe sont réalisées auprès d’acteurs américains, ce qui expose les organisations à des vulnérabilités structurelles. La hausse des coûts de licence et d’infrastructure, pèse sur les budgets, avec une inflation estimée à 5 à 10 % par an pour les solutions cloud et logicielles étrangères.
Exposition des données et perte de confidentialité
La domination des solutions numériques et de cybersécurité américaine dans les infrastructures IT expose les entreprises européennes à la loi extraterritoriale américaine (Cloud Act). Cette loi permet aux autorités américaines d’accéder aux données hébergées par des fournisseurs US, où qu’elles soient stockées – y compris en Europe.
Dans le cas de la protection contre les attaques DDoS au travers de scrubbing centers (centres de nettoyage du trafic DDoS), même si contractuellement aucune donnée n’est stockée, certaines données pourraient être exposées et potentiellement interceptées. C’est le cas des métadonnées (adresses IP, ports, horodatages) et des données applicatives (contenu des requêtes, identifiants, etc.) si le trafic n’est pas chiffré (HTTP au lieu de HTTPS) ou bien si le fournisseur contrôle les clés SSL/TLS. Et même dans le cas où les flux de données sont chiffrés à l'état de l'art, rien n'empêche des acteurs malveillants de les intercepter et de tenter de les déchiffrer par la suite, quand les capacités de calcul seront suffisamment puissantes, dans une logique de 'harvest now, decrypt later'. On pense notamment aux ordinateurs à processeurs quantiques qui nous prédisent la dépréciation de nos algorithmes de chiffrement actuels dans les prochaines années.

Risques juridiques et opérationnels
Enfin, des sanctions unilatérales pourraient entraîner un arrêt brutal de services. Le 27 février 2026, Donald Trump a interdit aux agences fédérales américaines d'utiliser les technologies d'Anthropic, après que cette entreprise a refusé de lever ses restrictions éthiques pour un usage militaire illimité. Anthropic, spécialisée en IA, avait mis en place des garde-fous pour protéger les droits humains et limiter les usages militaires. Ce refus a provoqué un désaccord avec le gouvernement américain, conduisant à l'interdiction.
En mai 2025, Microsoft a suspendu le compte de messagerie professionnel du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan. Cette suspension est intervenue conformément aux sanctions imposées par le gouvernement américain après que la CPI a émis des mandats d'arrêt contre des responsables israéliens. Les sanctions américaines visaient à empêcher toute collaboration ou soutien à la CPI dans le cadre de cette affaire.
Ces précédents montrent qu'une entreprise américaine peut, sous la pression de son propre gouvernement, couper l'accès à ses services ou se plier à des directives politiques extérieures au droit européen.
Ces précédents soulignent l’importance de réduire les dépendances critiques pour garantir la continuité d’activité et la sécurité des données.
L’Observatoire de la souveraineté numérique
Lancé en janvier 2026, l’Observatoire de la souveraineté numérique vise à cartographier les dépendances (logiciels, cloud, IA) et à identifier des solutions alternatives françaises ou européennes. Comme l’a souligné Anne Le Hénanff, Ministre du Numérique, « Nous devons savoir d’où et de quoi nous dépendons ».
L’Indice de Résilience Numérique (IRN)
L’Indice de Résilience Numérique (IRN) est un outil opérationnel pour évaluer la part des dépenses allouées à des fournisseurs nationaux ou européens, la localisation des données (hébergement, traitement), l’usage de technologies ouvertes (open source, standards ouverts) et la diversification des fournisseurs. Des entreprises comme RTE, Docaposte, Ouest-France, Caisse des Dépôts, CMA-CGM, MAIF, SNCF, Groupe ADP ont contribué activement à la conception de l’IRN pour piloter leur résilience.
Comment les DSI peuvent-ils agir concrètement ?
Évaluer ses dépendances avec l’IRN
L’IRN permet de diagnostiquer les dépendances de son système d’information et de prioriser les actions (migration, diversification, internalisation).
Adopter des solutions souveraines et résilientes
Pour répondre à ces enjeux, les DSI peuvent s’orienter vers des solutions souveraines, éprouvées et conformes aux exigences européennes. Par exemple, des solutions de cybersécurité certifiées (ISO 27001, SecNumCloud, ANSSI) pour protéger les infrastructures critiques, des technologies ouvertes et interopérables, réduisant les verrouillages technologiques, et des infrastructures résilientes, capables de résister aux cybermenaces tout en garantissant la maîtrise des flux de données.
L’objectif n’est pas de renoncer à toute solution étrangère, mais de construire une stratégie équilibrée, combinant performance et autonomie. Cela passe par une évaluation rigoureuse des fournisseurs, une diversification des solutions et une maîtrise accrue des données sensibles.
IMS Networks : une réponse souveraine aux enjeux de résilience
Chez IMS Networks, nous accompagnons les organisations dans leur stratégie de résilience en proposant des alternatives souveraines éprouvées et reconnues.
Une protection anti-DDoS 100 % française
Notre solution de protection anti-DDoS permet une détection et une mitigation en temps réel des attaques volumétriques, protocolaires et applicatives. Intégrée dans l’architecture client, notre service souverain garantit une continuité de service optimale.
Une offre de surveillance du réseau
IMS Networks a développé un service NDR qui surveille le réseau en utilisant plusieurs couches d'IA formant une intelligence artificielle collaborative. Le service effectue une surveillance multi-temporelle du réseau afin de détecter les campagnes d'attaques complexes, courtes et longues.
Une offre de surveillance des terminaux certifiée ANSSI
Notre service de surveillance des terminaux permet une détection des incidents sans dépendance à des technologies étrangères et est conforme à SecNumCloud pour les données sensibles.
Des connexions datacenter sécurisées et future-proof
Nos services de connexions intra et inter-datacenter reposent sur une technologie européenne résistante aux menaces quantiques et sont opérés en France sans sous-traitance à l’étranger.
Conclusion : la souveraineté numérique, un levier de compétitivité
La souveraineté numérique ne doit pas être perçue comme un repli, mais comme une stratégie proactive pour renforcer la résilience et l’autonomie des organisations. En combinant l’évaluation des risques (via l’IRN et l’Observatoire de la souveraineté numérique), l’identification de solutions alternatives crédibles et une collaboration renforcée entre acteurs publics et privés, les DSI disposent aujourd’hui des outils nécessaires pour agir.
Chez IMS Networks, nous accompagnons cette transition avec des solutions éprouvées, certifiées et opérées en France. En adoptant une approche proactive, les organisations peuvent non seulement réduire leurs vulnérabilités, mais aussi construire un écosystème numérique plus durable et autonome.
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Références
- Rapport Cigref – Géopolitique et stratégie numérique (2025)
- Observatoire de la souveraineté numérique (2026)
- Indice de Résilience Numérique (IRN)
Cet article est destiné aux DSI, RSSI et responsables infrastructures des grandes entreprises, ETI et secteurs publics.
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